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Comment fonctionne la synchronisation en ligne ?
Temps de lecture : 6 min
Les licences de synchronisation sont devenues non seulement l'une des principales sources de revenus pour les artistes indépendants, mais aussi un moyen de faire décoller leur carrière et d'acquérir de nouveaux fans. Si vous souhaitez en profiter, vous pouvez mettre vos morceaux à disposition pour une utilisation dans des films, à la télévision et dans des publicités.
Pour faire de ce projet une réussite, nous vous invitons à découvrir comment et pourquoi la synchronisation en ligne existe, comment débuter et les règles de rémunération. La dernière section est dédiée aux artistes autoproduits. Prêt ? C’est parti !
Comment et pourquoi la synchronisation en ligne a-t-elle été créée ?
La synchronisation en ligne consiste à superposer de la musique, avec ou sans paroles, sur des visuels tels que des émissions de télévision, des publicités, des jeux vidéo, des films et des applications mobiles. Les publicités, les films et les jeux sont les médias les plus recherchés par les créateurs de musique car ce sont eux qui offrent la rémunération la plus élevée. Les sommes gagnées dépendent de cela, mais aussi de la popularité du morceau et de son auteur ou interprète, du territoire de diffusion et de la durée du contrat de synchronisation. Plus vous êtes célèbre, plus vous coûtez cher, et plus vous êtes diffusé, plus vous gagnez d'argent.
La synchronisation en ligne n'était pas particulièrement valorisée avant le déclin de l'industrie du CD, mais elle est devenue depuis un moyen de compenser cette perte. Grâce notamment à l'explosion du volume des productions audiovisuelles et des jeux vidéo, c'est une ressource qui joue un rôle de plus en plus important dans les revenus des créateurs. Il est donc indispensable de comprendre son fonctionnement et son cadre juridique pour maximiser vos opportunités de revenus.
La synchronisation en ligne consiste à intégrer votre musique dans des produits audiovisuels en échange d'une rémunération. C'est une source de revenus qui peut compenser la baisse des ventes de supports physiques, tout en étant un moyen de renforcer votre notoriété et d'élargir votre communauté de fans.
Comment suis-je payé lorsque je fais de la synchronisation ?
Le droit de synchronisation désigne l'autorisation légale d'associer une musique à une œuvre audiovisuelle et s'adresse généralement aux éditeurs. Il existe deux types d’éditeurs : les éditeurs de musique qui travaillent aux côtés des auteurs-compositeurs et opèrent donc dans le cadre du droit d'auteur ; et les éditeurs phonographiques qui travaillent avec les labels et les producteurs, et qui bénéficient des droits voisins (si vous avez besoin d'un rappel sur ces deux catégories de droits musicaux, nous vous expliquons tout ici).
Le rôle des éditeurs
Les deux types d'éditeurs sont chargés de gérer la synchronisation en ligne — l'une des nombreuses façons de commercialiser une œuvre — qui consiste à la distribuer sur des plateformes audiovisuelles telles que les séries télévisées (en streaming ou en diffusion), les films (longs et courts métrages), les publicités, les jeux vidéo… Il existe une différence simple : l'éditeur de musique permet aux utilisateurs de créer leur propre version à partir de l'œuvre originale, tandis que l'éditeur phonographique leur fournit une version spécifique déjà enregistrée.
En résumé, l'éditeur de musique commercialise les paroles et la partition d'une œuvre musicale, tandis que l'éditeur phonographique commercialise son enregistrement (master, enregistrement).
Les contrats historiques dans l'édition
La collaboration entre l'auteur-compositeur et l'éditeur est régie par un accord de cession et un contrat d'édition musicale entre les deux parties, qui formalise leurs parts respectives de redevances de droit d'auteur si l'œuvre est effectivement exploitée. Les deux parties sont membres d'un organisme de gestion collective (OGC) des droits d'auteur, tel que la Sacem, pour percevoir leurs droits.
Le travail du label discographique est régi par des contrats de licence qu'il achète et signe avec le producteur. Ce contrat peut être exclusif ou non exclusif, mais ses principes restent les mêmes : le producteur confie le master à l'éditeur pour une durée limitée, et ils partagent les revenus de l'exploitation — obtenus par le contrat lorsque l'éditeur trouve un client et via les droits voisins générés lors de la diffusion de l'enregistrement.
Pour collecter ces redevances et les partager avec les éditeurs, les labels rejoignent un organisme de gestion collective (OGC) spécifique à leur secteur, comme la SPPF (Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France), qui représente principalement des labels indépendants et français, ou la SCPP (Société civile des producteurs phonographiques), qui représente des majors comme Universal et Warner.
Spoiler : si vous gérez vos propres enregistrements, vous êtes votre propre producteur ! Vous êtes un artiste autoproduit, et nous vous expliquons comment gérer cette situation juste en dessous.
L'éditeur de musique commercialise les paroles et la partition d'une œuvre musicale. Il partage les droits d'auteur avec le créateur par le biais d'un contrat de cession et d'édition musicale. Pour percevoir ces droits, vous devez adhérer à une société de gestion collective comme la Sacem. L'éditeur phonographique commercialise l'enregistrement d'une œuvre (master, enregistrement) et collecte les droits voisins par le biais d'un contrat de licence. Pour percevoir ces droits voisins, vous devez vous inscrire auprès d'une société de gestion collective dédiée aux producteurs.
Comment ça se passe si je suis autoproduit (sans éditeur) ?
Il est devenu courant pour un artiste de gérer ses propres enregistrements. Si tel est votre cas, vous êtes un artiste-interprète autoproduit. Il se peut également que vous ayez composé la musique et/ou écrit les paroles de votre morceau. Dans ce cas, vous portez plusieurs casquettes et êtes également auteur-compositeur : vous avez donc aussi droit à des redevances de droit d'auteur.
Ici, nous nous concentrons sur les aspects d'interprétation et de production — vos droits voisins. Pour percevoir vos droits d'auteur liés aux synchronisations en ligne, vous devrez collaborer avec votre OGC.
Prenons l'exemple de notre groupe préféré, Super Groupe. Dix ans après avoir battu tous les records de streaming avec leur premier album, ils sont prêts à faire un grand retour. Pour marquer le coup, ils licencient leur producteur vieillissant Pascal et quittent leur label Juste Les Cousins, dont le directeur s'est fait rattraper par le hashtag #balancetonlabel. En bref, ils décident de s'autoproduire.
Le problème lors de la sortie de leur album autoproduit : plus personne ne se souvient d'eux, et leur retour passe inaperçu. Pour se rattraper, ils décident de sortir une version 100 % instrumentale de leur album dans l'espoir que plusieurs de leurs morceaux soient utilisés dans des productions audiovisuelles.
Avant d'aller plus loin, voici un rappel des membres de Super Groupe :
Amin au chant, au clavier et aux paroles,
Leïla à la composition et à la guitare,
Antoine à la basse, qui travaille sur la composition avec Leïla,
et Jamie à la batterie.
La répartition de leurs rôles confirme qu'ils sont tous artistes-interprètes et se partagent les droits voisins, même Amin, qui reste présent sur le master instrumental puisqu'il y joue du clavier. Pour s'essayer à la synchronisation en ligne, Super Groupe décide de distribuer le seul single de leur album autoproduit sur TuneCore Sync, un service de gestion d'édition musicale qui permet à ses membres d'être diffusés dans des boutiques, sur des vidéos, dans des jeux…
Il ne leur reste plus qu'à attendre d'être repérés par un annonceur. Cela se produit assez rapidement et, aux côtés des équipes juridiques de la plateforme, ils négocient un contrat de licence pour illustrer musicalement une publicité. Plusieurs facteurs entrent en jeu : le coût de la licence elle-même, qui dépend principalement de la notoriété de leur nom et de leur morceau, de la qualité sonore et créative, du type de production (publicité), du territoire (Europe), de la durée du contrat (10 ans) et du nombre de canaux de diffusion (streaming en ligne, cinéma, TV).
Une fois signé, ils gagnent 100 euros à chaque diffusion de la publicité. 10 % vont à leur administrateur d'édition, TuneCore Sync, et ils se partagent le reste équitablement, ce qui revient à 22,50 € chacun. Comme ils sont correctement inscrits à l'ADAMI, la plus grande société de gestion collective française qui gère les droits voisins des artistes-interprètes, ils perçoivent 100 % des redevances musicales qui leur sont dues grâce à cette publicité, c'est-à-dire leurs droits de synchronisation ET leurs droits voisins.
En parallèle, pour multiplier leurs chances et leurs revenus, ils importent l'intégralité du projet instrumental sur Jamendo Catalog, un service de synchronisation de musique libre de droits. Ce service fonctionne comme un site de commerce électronique : il vend des licences prédéfinies à des clients, et l'artiste reçoit un pourcentage de ces ventes. Ils n'ont pas à se soucier des négociations et savent à l'avance combien ils vont gagner, car les revenus ne varient pas en fonction du nombre de vues de la vidéo qui utilise le morceau. Super Groupe n'a donc qu'à mettre en ligne ses instrumentaux pour percevoir de l'argent chaque fois qu'un morceau est acheté.
Si vous êtes autoproduit, le principe reste le même qu'entre un label et un producteur, sauf que vous passez par un service d'édition et de synchronisation en ligne comme TuneCore Sync ou une plateforme libre de droits comme Jamendo Catalog, d'où vous percevez vos droits voisins. Par ailleurs, si vous cumulez les casquettes d'auteur-compositeur et d'artiste autoproduit, pensez à adhérer à une société de gestion de vos droits d'auteur pour compléter les droits voisins versés par votre distributeur.
Qu'est-ce que je dois garder à l'esprit ?
La synchro en ligne, c’est posé sa musique sur des produits audiovisuels en échange d’argent. C’est un moyen efficace de se rémunérer qui peut compenser la chute des revenus côté vente de produits physiques et te faire connaître pour élargir ta fanbase. Si tu es autoproduit, tu peux confier ta musique à une plateforme spécialisée en synchro en ligne comme Jamendo Catalog. Le principe : tu lui donnes le droit d'émettre en ton nom des licences de synchro permettant à des tiers d'utiliser tes créations dans des projets audiovisuels et Jamendo récupère tes droits musicaux (voisins et auteur) pour te rémunérer.
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