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J’ai échantillonné, j’ai été échantillonné : qu’est-ce que ça veut dire ?
Temps de lecture : 6 min
Le sampling musical est une pratique qui a donné naissance à de nombreux tubes, et pas seulement dans le rap, auquel il est le plus associé : parmi mille autres tubes, on peut citer I'll Be Missing You de Puff Daddy, sorti en 1997, qui utilise Every Breath You Take de The Police, ou encore Daft Punk, qui a samplé Release the Beast du groupe Breakwater, pour créer Robot Rock en 2005.
Bien qu’ayant d’abord été largement dénoncée comme du vol, la technique fait désormais partie d’un vocabulaire courant partagé par tous les créateurs et passionnés de musique. C’est même un jeu pour certains, qui partagent leurs trouvailles sur whosampled.com, alors pourquoi ne pas creuser le sujet pour découvrir qui sample quoi ?
Notre intention ici est de vous dire tout ce qu’il faut savoir pour sampler l’esprit tranquille : de quoi il s’agit, quelles sont ses origines et dans quelles conditions c’est autorisé. Prêt·e ? C’est parti !
Que signifie le sampling ?
Le sampling consiste à capturer un extrait sonore existant puis à le retravailler – par exemple en accélérant ou ralentissant son rythme, en changeant l’instrument utilisé pour le jouer, en le rendant plus aigu ou plus grave – pour se l’approprier avant de l’intégrer à une nouvelle pièce musicale.
Cette technique ne doit pas être confondue avec l’interpolation, qui consiste à rejouer certains passages existants en studio avec les mêmes machines et instruments de musique, ni avec beatmaking, où l’on crée un instrumental, bien qu’un sample puisse en être un composant.
On peut simplifier les choses en distinguant deux grands types de sampling :
Capturer n’importe quel son, dans la rue, dans la nature, dans un dialogue de film...
Prélever un sample d’une composition musicale pour l’insérer dans une nouvelle.
Le sampling consiste à capturer un extrait sonore existant puis à le retravailler avant de l’intégrer à une nouvelle composition musicale.
Quelles sont les origines du sampling ?
D’un point de vue technique, le sampling était à l’origine une démonstration d’ingéniosité, de bidouillage de bandes magnétiques et d’oreilles musicales peu communes, avant de commencer à évoluer avec les outils technologiques qui ont rendu cela possible. La commercialisation des magnétophones dans les années 1940, l’apparition en 1963 du mellotron, qui permet de jouer des sons en boucle, ou sa version moderne – la MPC – sont des repères sur ce chemin.
Cependant, l’histoire officielle de la musique veut que la pratique soit apparue dans les années 1970 au carrefour culturel entre la Jamaïque et le quartier du Bronx (New York), où la population immigrée installait des murs de haut-parleurs dans la rue pour faire la fête. Lors de ces block parties, DJ Kool Herc a inventé le cut ou break – passer d’un disque à l’autre en utilisant des boucles rythmiques comme transitions. À la même période, l’artiste Lee Perry a mixé les parties instrumentales de morceaux existants avant d’y superposer ses paroles de rap et des dialogues de films de kung-fu.
Le premier sample commercial date de 1979, lorsque The Sugarhill Gang a sorti Rapper's Delight en utilisant des extraits de Good Times de Chic. Cela a donné lieu à une bataille juridique, compte tenu de la large diffusion des deux morceaux et des intérêts financiers en jeu. Beaucoup de personnes qui samplent et d’autres dont le travail a été samplé se sont alors opposées les unes aux autres, certaines défendant leur esprit créatif tandis que d’autres dénonçaient une imposture artistique.
Néanmoins, le sampling en tant que méthode de création a décollé en accompagnant l’essor du hip-hop dans les années 80, et est progressivement devenu courant. Si son histoire vous intrigue, nous vous invitons à la parcourir en 3 minutes grâce à cette vidéo bien faite.
Le sampling musical est une caractéristique typique du hip-hop. La pratique est apparue à travers des échanges culturels entre la Jamaïque et le quartier du Bronx à New York dans les années 1970, lors des block parties, lorsque les DJ ont commencé à jouer un morceau de musique puis un autre, en passant de vinyle en vinyle.
Ai-je le droit de sampler quelqu’un d’autre ?
N’importe qui a le droit de sampler n’importe quoi, à condition que la personne qui sample demande l’autorisation à celui qui détient le copyright de l’œuvre samplée, et que ce dernier donne son accord. Différents arrangements contractuels sont possibles. Vous pouvez payer des droits forfaitaires, ou verser des royalties pour la diffusion de votre chanson, selon ce que l’auteur-compositeur ou le titulaire des droits de l’œuvre samplée vous accorde. Ce processus est connu sous le nom de « sample clearance », et si vous ne le respectez pas, vous risquez, au pire, un procès, car sampler sans autorisation préalable est un délit, et, au mieux, d’être contraint de retirer vos sons des plateformes de distribution.
Il existe des moyens moins coûteux de sampler : utiliser des sons appartenant au domaine public (dont les auteurs sont morts depuis au moins 70 ans) ou disponibles dans des bibliothèques de samples en ligne comme Tracklib et Splice. Il y a aussi Creative Commons, qui sera abordé dans un prochain article de blog, donc nous le mettrons de côté pour le moment.
Vous pouvez sampler n’importe quoi, à condition de demander l’autorisation de l’auteur-compositeur et/ou des autres titulaires de droits d’auteur auprès desquels vous empruntez la chanson originale avant de publier votre propre création. Cette autorisation peut prendre la forme d’un partage des royalties ou d’une autre compensation financière de votre part.
Comment fonctionnent les bibliothèques de samples en ligne ?
Partager mes créations
Lorsque vous publiez votre musique sur Splice, et si vous êtes affilié à une société de gestion collective (CMO) ou à une organisation de droits d’exécution (PRO)/organisation de droits mécaniques (MRO) qui gère vos droits d’auteur, vous devrez lui signaler que vous accordez une licence libre de droits à Splice et/ou Tracklib. Même chose lorsque vous avez déjà cédé vos droits à un producteur, sauf qu’il vous faut son accord écrit pour partager votre travail en ligne. Si vous ne partagez vos droits avec personne, vous n’avez rien à signaler à qui que ce soit.
Une licence libre de droits signifie que vous renoncez à vos droits patrimoniaux (qui incluent la rémunération de la diffusion de votre œuvre) à jamais, partout dans le monde et de manière irrévocable (vous ne pouvez pas revenir en arrière). Il en va de même pour vos droits moraux, puisque vous n’avez pas votre mot à dire sur la manière dont votre création est utilisée. Néanmoins, c’est un moyen de garantir que votre œuvre est en règle. Splice vous verse une somme d’argent proportionnelle à la fréquence à laquelle vos audios sont téléchargés.
Chez Tracklib aussi, vous devez généralement être représenté par un producteur ou un éditeur pour partager vos créations. Le contrat est donc signé entre l’entreprise et ces personnes, et non directement avec l’auteur-compositeur.
Utiliser les créations d’autrui avec Splice
Le principe de Splice est le suivant : vous payez un abonnement mensuel (de 9,99 $ à 29,99 $), et en échange, vous accédez à des samples tels que des boucles de piano ou de caisse claire, que vous pouvez travailler directement depuis votre compte pour créer votre propre musique, en invitant d’autres utilisateurs à collaborer si vous le souhaitez.
Comme les samples sont libres de droits, vous pouvez les diffuser comme bon vous semble. Cela dit, vous ne pouvez pas en prendre un trouvé tel quel sur Splice puis essayer de le vendre sur une bibliothèque de samples, car le principe de base est le partage gratuit des samples. Veillez donc à suffisamment vous approprier les sons en les transformant et en les intégrant à quelque chose de nouveau pour éviter les problèmes juridiques, dont le plus courant est le retrait de contenu. En bref, vous n’avez pas le droit de diffuser un sample exactement tel que vous le trouvez, et le but du jeu est de stimuler votre créativité.
La plateforme fonctionne avec un système de crédits. Vous accumulez des crédits en fonction de votre abonnement et les dépensez selon la durée et le nombre de samples que vous exploitez. De plus, plus vous payez, plus vous obtenez d’outils de montage musical (plug-ins) et de tutoriels en ligne.
Utiliser les créations d’autrui avec Tracklib
Sur Tracklib aussi, vous payez un abonnement mensuel pour accéder à une bibliothèque, mais celle-ci est composée de morceaux entiers, et non de samples libres de droits. La logique est donc différente, et l’on vous invite à créer vos propres samples à partir de ces morceaux.
Pour cela, vous disposez d’un certain nombre de téléchargements (5 morceaux pour 5,99 $ ; 15 pour 19,99 $ et 35 pour 29,99 $) avec des plug-ins supplémentaires, qui vous permettent de capturer un passage musical et d’en faire une boucle, puis de l’enregistrer dans votre propre collection en ligne.
Comme la plupart des morceaux ne sont pas libres de droits, Tracklib propose un service de licence que vous achetez individuellement, en plus de votre abonnement, pour faciliter la partie juridique. En résumé : vous recherchez des morceaux sur Tracklib, vous trouvez les passages sur lesquels vous voulez travailler, vous les téléchargez, puis vous les sampliez et achetez une licence pour diffuser votre morceau. Cette licence définit le partage des droits d’auteur entre vous et les titulaires des droits d’auteur selon le morceau et le nombre de secondes que vous utilisez (50 $, 100 $ ou 1 500 $, bien que 90 % des morceaux composant la bibliothèque coûtent 50 $).
Vous pouvez utiliser des bibliothèques en ligne comme Splice ou Tracklib pour trouver des samples. Chaque service propose différents types d’offres pour faciliter votre créativité.
Qu'est-ce que je dois garder à l'esprit ?
Le sampling consiste à prendre un extrait sonore existant, à le retravailler, puis à l’intégrer dans une nouvelle musique. Vous pouvez sampler n’importe quoi, à condition de demander l’autorisation de l’auteur-compositeur et/ou des autres titulaires des droits d’auteur auprès desquels vous empruntez le morceau original. Vous pouvez utiliser des bibliothèques en ligne comme Splice ou Tracklib pour trouver des samples.
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