Comment les artistes interprètes sont-ils rémunérés sur les services de streaming musical ?

Temps de lecture : 5 min

Les plateformes de streaming musical, également appelées Digital Services Providers (DSP), sont souvent critiquées pour leur modèle de rémunération des artistes. Pourtant, leur succès est trop important pour que les artistes ne proposent pas leurs œuvres musicales sur ces plateformes.

Un des avantages majeurs des DSP est qu’il est très facile pour les artistes d’y rendre leur musique disponible : de nos jours, plus besoin d’un manager ou d’un label. Il vous suffit de vous inscrire auprès d’un distributeur numérique tel que Distrokid, CD Baby ou TuneCore.

Le modèle économique de ces acteurs étant encore assez récent, il évolue régulièrement. Il n’est pas facile pour les artistes d’en appréhender tous les aspects juridiques et financiers. Le fait est que l’argent généré par les artistes sur les plateformes de streaming dépend davantage des spécificités de leur propre situation que de la mécanique de la plateforme. 

Pour tirer le meilleur parti de ces acteurs de l’industrie musicale, il est important pour les artistes de comprendre comment ils fonctionnent. 

Pourquoi et comment un artiste-interprète est-il protégé par la loi ? Que fait exactement un interprète ?

L’artiste-interprète est la personne qui représente, chante, récite, déclame, joue ou exécute de toute autre manière une œuvre littéraire ou artistique, un spectacle de variétés, de cirque ou de marionnettes. Bien que la définition juridique exacte puisse varier légèrement d’un pays à l’autre, le fond reste toujours le même.

En quelques mots, ce sont les personnes qui montent sur scène – comme le chanteur ou les guitaristes – par opposition à une personne qui s’occupe uniquement de la composition. Il est fréquent que plusieurs personnes aient travaillé sur la même partie de la création d’un titre. L’artiste-interprète peut également être auteur-compositeur, que ce soit au sein d’un groupe ou en solo.

Si c’est votre cas, vous cumulez alors différents droits, et donc plusieurs types de rémunération. En tant qu’artiste solo, il est facile de tout additionner, mais au sein d’un groupe, il est capital de définir les rôles de chaque membre, et donc les droits détenus par chacun d’eux, avant de recevoir les paiements. Non seulement cela évite des malentendus inutiles, mais cela vous laisse aussi plus de temps pour créer de la musique ensemble !

Quels types de redevances puis-je obtenir en tant qu’artiste-interprète ?

Pour rester concentrés sur l’aspect streaming, nous ne listerons pas ici tous les droits qui existent dans l’industrie de la musique. Gardez à l’esprit que l’artiste-interprète a droit à des redevance sur les bandes (master royalties).

Les interprètes détiennent des droits sur les enregistrements (master rights) en raison de leur contribution à l’interprétation enregistrée de l’œuvre musicale. Cela leur donne le droit de percevoir des redevance sur cet enregistrement.

Comme pour d’autres types de droits, les redevances master peuvent provenir de diverses sources :

  • les médias traditionnels tels que la radio ou la télévision

  • les nouveaux acteurs musicaux tels que les plateformes de streaming musical

Comment suis-je payé en tant qu’artiste-interprète lorsque mes morceaux sont écoutés en streaming ?

Pour comprendre le fonctionnement des revenus des artistes-interprètes dans le domaine du streaming, il est nécessaire de faire la distinction entre

  • l’artiste indépendant qui travaille avec un distributeur numérique

  • l’artiste dont le travail est produit par un label de musique

Qu’est-ce qu’un contrat de distribution ?

Un distributeur est un agent de l’industrie musicale dont la fonction est de signer des partenariats avec des services de streaming musical au nom des musiciens. Son rôle est de fournir un contenu conforme aux standards des services de streaming (définition audio, métadonnées, etc.). Les distributeurs ont transformé le visage de l’industrie à tout jamais en permettant à des millions d’artistes d’être présents sur Spotify sans avoir besoin d’être signés sur un label.

Lorsque vous contractez avec un distributeur, vous lui confiez une mission : rendre vos chansons disponibles sur les services de streaming. Sa mission consiste à le faire et à partager avec vous les redevances master générées par les streams que vos morceaux réalisent.

C’est là que votre situation joue un rôle clé : si votre contribution se limite uniquement à votre rôle d’interprète, il y a de fortes chances que vous ne soyez pas la personne qui a créé le compte du groupe sur DistroKid pour distribuer l’enregistrement aux services de streaming. Cette personne peut être le leader du groupe, s’il y en a un, ou le producteur.

Cela signifie que vous disposez d’une visibilité limitée sur les revenus générés par les enregistrements sur les plateformes de streaming. C’est pourquoi il est si crucial de définir à l’avance les partages entre toutes les personnes ayant contribué à l’enregistrement :

  • Quel pourcentage des revenus du streaming est-ce que je perçois en tant que guitariste ?

  • Est-ce que tous les interprètes reçoivent le même pourcentage ? Ou appliquons-nous un pourcentage différent en fonction du temps passé sur ce projet ?

Il n’existe pas de réponse universelle à cette question. Chaque groupe finira par trouver sa propre solution, et c’est très bien ainsi. Mais avant de sortir votre premier single, EP ou album, vous devez aborder cette question. Sinon, au moment du premier chèque, vous risquez de vous retrouver dans des discussions conflictuelles sur la part que chacun devrait recevoir. Il vaut mieux s’attaquer à ce sujet dès le début.

Pensez également à définir qui peut accéder au compte sur le site web du distributeur, et à quelle fréquence cette personne doit rendre des comptes aux autres. Si vous êtes un artiste solo – c’est-à-dire que vous êtes à la fois auteur-compositeur, interprète et producteur – alors c’est simple. Vous avez créé le compte et vous percevez 100 % de toutes les sources de revenus.

Qui collecte mes droits master issus du streaming si je fais partie d’un label de musique ?

Tout d'abord, il est important de rappeler que toutes les sociétés qui produisent des enregistrements – les masters ou disques mentionnés ci-dessus (ou même appelés phonogrammes si vous voulez avoir un ton un peu plus formel) – sont des labels, y compris les maisons de disques. Elles bénéficient des droits d’auteur sur l’enregistrement qu'elles partagent avec les artistes-interprètes qu'elles représentent.

Aussi, il est primordial de parfaitement comprendre le contrat que vous vous apprêtez à signer avec votre label. Ce contrat définira la répartition de vos droits avec le producteur. Une partie essentielle du contrat concerne le partage des revenus, qu’ils soient liés au streaming ou non. Faire partie d’un label signifie généralement qu’il y a un autre intermédiaire entre vous et les plateformes de streaming. Votre label peut avoir un accord avec un distributeur majeur, ou s’appuyer sur un autre tiers pour gérer la partie technique de la livraison des titres aux services de streaming.

La distribution numérique est en effet une entreprise technique réellement complexe. Elle nécessite d’uniformiser les données de chaque morceau et de les adapter pour s’assurer qu’elles répondent aux exigences techniques de l’ensemble des plateformes de streaming. Et ces dernières n’ont pas toutes les mêmes exigences. C’est pourquoi même les plus grands labels travaillent souvent avec un tiers pour gérer la distribution numérique. Il s’agit vraiment d’un métier à part entière.

Cela signifie qu’avant que vous n’obteniez votre part de vos redevances master, le prestataire technique prend sa part, puis votre label prend la sienne. Ce qui ne veut pas dire pour autant que faire partie d’un label n’est pas intéressant : ils offrent une large gamme de services pour développer votre carrière. La question est donc plutôt de savoir si les avantages qu’ils apportent l’emportent sur la commission qu’ils prélèvent.


Qu'est-ce que je dois garder à l'esprit ?

Les artistes-interprètes sont liés à l’enregistrement d’une chanson et sont rémunérés par les redevances de master parce qu’ils contribuent au master. Le streaming peut entraîner 2 situations différentes pour les artistes-interprètes : soit un simple contrat de distribution a été signé (distribution), soit un partenariat avec un label. Les revenus dépendront de la situation.

Sur le même sujet

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Cet article abordera les droits liés au streaming musical et la rémunération des interprètes, quelle que soit leur situation.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Dans cet article, nous allons examiner les origines de Creative Commons et leur fonctionnement.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Ce n’est peut-être pas le sujet le plus passionnant de l’industrie musicale, mais devenir un expert des droits vous permettra de ne passer à côté d’aucun revenu.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Le but de cet article est de vous proposer un tour du monde des règles relatives aux droits musicaux en 7 étapes.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Découvrez notre nouvelle fonctionnalité qui simplifie la collecte des droits d’auteur pour les morceaux créés par plusieurs personnes.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Bridger, une société de premier plan spécialisée dans la gestion des droits d'auteur, a signé un accord stratégique avec Audiam afin d'améliorer la collecte des redevances pour ses membres.

Bridger Accelerates Global Expansion with Second Wave of Rights Agreements

Bridger, une entreprise leader et innovante de gestion des droits d'auteur et membre de Winamp, a été officiellement confirmée par la CISAC.

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières nouvelles, nos articles de blog et des informations essentielles sur le droit d'auteur.